26 juillet 2026
Théo Gomes-Teixeira, 31 ans, habitant sur la commune d'Eysines, à quelques kilomètres de Bordeaux, a été contraint de quitter son logement dans la nuit de vendredi à samedi. De retour dans sa Gâtine natale, il raconte ce qu'il a vécu.
"Le téléphone a sonné à 3h du matin" commence Théo Gomes-Teixeira quand il rembobine les 48h qui ont précédé son retour en Gâtine. Dans la nuit de vendredi à samedi, il reçoit un SMS de la préfecture de Gironde : "URGENT EYSINES - évacuez dès à présent". "En lisant le message je me rends compte que c'est important, et là, le cerveau switch en mode urgence" retrace le parthenaisien. Après avoir rapidement préparé les sacs avec les papiers et de quoi manger, il sort dans son jardin. "J'ai vu toutes les lumières s'allumer, les voitures partir. J'ai discuté avec un voisin, c'était sa troisième évacuation en quelques jours". Dans ces moments là, "on est moins lucide" et surtout "on ne sait pas comment on va retrouver la maison".

Le message d'évacuation envoyé par la préfecture, reçu en pleine nuit par Théo
"C'était comme dans un film catastrophe"
Après l'heure de trajet en direction du Parc des Expositions de Bordeaux (contre 15 minutes habituellement), le couple arrive dans ce grand Hall mis à disposition par la municipalité bordelaise pour accueillir les évacués. Comme souvent dans ces moments d'urgences, le besoin d'information s'impose. "Mis à part le message de préfecture, on n'avait aucune info". Comme seules informations, on leur conseille de suivre les mises à jour de la préfecture. Devant leurs yeux, le spectacle offert est bien triste. "Des personnes agées et des enfants en bas-âge étaient à même le sol, il n'y avait plus de lits disponibles. C'était comme dans les films catastrophes. Ça faisait évacuation générale" se désole Théo.

Le Parc des Expositions de Bordeaux peut accueillir 10 000 personnes / photo Théo Gomes-Teixeira
Dans l'attente d'un retour
Plus aucun lit n'est disponible dans le grand hangar, on conseille donc au couple de dormir dans leur voiture. Après une nuit très courte, marquée par le bruit ininterrompu des sirènes, Théo et sa compagne vont faire quelques courses pour avoir de quoi manger. "Il y avait vraiment la différence entre ceux qui étaient dans Bordeaux, qui avaient dormi tranquillement, et ceux qui avaient été évacués. On voyait la fatigue et le désespoir dans le regard des gens" explique l'éducateur spécialisé.
Contraint de retourner en Gironde dès ce lundi pour assurer l'aide apportée aux mineurs avec qui il travaille, il est "inquiet à l'idée de retourner sur Bordeaux. On ne sait pas quand on pourra retourner dans notre maison. On ne sait pas." lache Théo.

De la cendre s'est déposée sur le t-shirt de Théo, quand il est sorti de sa maison pour quitter la ville d'Eysines / photo Théo Gomes-Teixeira
220 000 personnes sont dans la même situation que Théo et sa compagne. Le retour des évacués n'aura pas lieu "tant que le feu ne sera pas fixé", a déclaré Sophie Brocas, la préfète de Gironde, en fin de journée dimanche. Malgré cette incertitude, le jeune homme de 31 ans, tient à saluer "toutes les personnes et les bénévoles qui s'occupent de la population. Ils font ce qu'ils peuvent avec les moyens qu'ils ont", sans oublier de pointer les responsabilités politiques, "quand on voit qu'il y a eu des baisses de budgets notamment chez les pompiers, je pense que la responsabilité du gouvernement peut être mise en cause" conclut-il. En 2024, le gouvernement de Gabriel Attal avait raboté 50 millions d’euros dans le budget destiné à la sécurité civile.
A l'heure actuelle, le feu en Gironde n’est toujours pas maitrisé. 42 000 hectares sont partis en fumés, près de 2 500 pompiers, dont 55 deux-sèvriens, luttent encore contre les flammes.
Sony BERGER

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