20 avril 2026
C’était l’heure du bilan pour la Banque Alimentaire des Deux-Sèvres. L’association a tenu son Assemblée générale vendredi dernier, dans un contexte délicat.
« Une année compliquée », c’est le constat que dresse Michel Morin, le président de la Banque Alimentaire des Deux-Sèvres au moment d’évoquer l’année écoulée pour l’association. Une année qui aura été difficile sur plusieurs tableaux « On a dû gérer un problème de personnel, de salariés qu’on a dû recruter et stabiliser ». Le président évoque aussi un contexte de plus en plus épineux « les mentalités évoluent, on est dans un monde où l'individualisme augmente et ça rejaillit sur nos associations, et il y a un décalage entre les besoins croissants et la réduction des dons et des subventions ». Des raisons qui font que le quotidien devient un « combat permanent » pour l’association de collecte et partage de denrées alimentaires.
« On va reprendre notre bâton de pèlerin »
Une année 2026 qui ne démarre donc pas sous les meilleurs auspices, entre l’instabilité et l’obligation de trouver de nouveaux donateurs. L’association distribue à 44 associations, deux de plus que l’année passée mais doit aussi jongler avec une baisse des dons : 215 tonnes en 2025 contre 245 l’année précédente. Face à des problématiques qui ne dépendent pas forcément d’elle, l’association doit trouver des solutions « Les bénéficiaires augmentent, le nombre d’associations augmentent et de l’autre côté, les subventions diminuent, la Région c’est un peu désengagé, tout comme l’État ». Michel Morin se satisfait de la relation avec le Conseil départemental qu’il qualifie de « meilleur partenaire » en ces temps troublés. Le département subventionne l’association pour des achats complémentaires. En ce qui concerne les dons, en baisse chez les entreprises et boutique, Michel Morin explique qu’ « on ne va pas forcer les entreprises et magasins à nous donner plus, l’idée, c’est de prendre notre bâton de pèlerin et d’aller chercher de nouveaux donateurs, de nouvelles structures, du mécénat pour compenser le manque à gagner et l’augmentation du nombre de bénéficiaires ».
Si le président reste positif, avec bien sûr en tête la dernière collecte annuelle dans les magasins qui a rencontré du succès, mais aussi l’engagement bénévole très important, il précise que l’association « risque d’atteindre ses limites à très court terme » et ne pourrait plus distribuer autant que de besoin l’aide alimentaire aux associations.
Jili MARTIN

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