À l’EREA Françoise Dolto de Saint-Aubin-le-Cloud, professionnels belges et français se rencontrent et comparent leurs méthodes


27 avril 2026

Vendredi dernier à l’Etablissement Régional d’Enseignement Adapté de Saint-Aubin-le-Cloud, professionnels de l’éducation français et belges se rencontraient.

Un moment autour d’une table, rempli d’échanges et où participaient notamment le Recteur de l’Académie de Poitiers Frédéric Périssat et la Directrice académique des services de l’Éducation nationale Véronique Guggiari.

Un objectif autour de ce moment : jeter un œil sur les différences entre la France et la Belgique, pour éventuellement s’inspirer de ses voisins. Un échange qui se fait dans le cadre d’une mobilité européenne, où enseignants et personnels paramédicaux belge venaient découvrir les pratiques pédagogiques et les réalités du terrain. Ce moment fut l’occasion de constater que les façons de faire à la française et à la belge sont bien différentes, notamment dans le cadre de l’enseignement spécialisé comme ici à l’EREA. La première chose qui a interpellé Tristan Kolodziey, enseignant de cours généraux en Belgique, c’est la proportion d’accompagnants par rapport au nombre d’élèves, qu’il trouve faible « Nous en Belgique, si on fait le parallèle avec notre système, c’est plutôt un établissement d’enseignement spécialisé avec des enseignements spécialisés pour les élèves à besoin spécifiques ou porteurs de handicaps. On s’étonnait du nombre de personnes ici étant donné qu’on part du principe que les enseignants peuvent prendre en charge les élèves dans leur globalité ».

Tristan travaille au sein du Pôle d’Accompagnement Raisonnables Condrusien, composé d’enseignants formés pour accompagner les jeunes ayant besoin d’enseignement adapté, un pôle constitué aussi de professionnels paramédicaux, comme Ninon Gabaret qui est ergothérapeute. Elle explique avoir été étonnée du manque de formation « Des agents, des acteurs ici dans l’EREA. On a cru comprendre que le domaine paramédical était vraiment bouché ici chez vous, ce qui est moins le cas chez nous » explique l’ergothérapeute. « Quand on se présentait en temps qu’équipe pluridisciplinaire avec nos missions et nos actions, ça interpelle les gens ».  Les personnels de l’EREA étaient impressionnés de voir ce type de fonctionnement selon Ninon, expliquant de leur côté que ce n’était pas possible de répliquer ce fonctionnement « Et c’est pour ça que tout prend plus de temps ici en France, les délais sont plus long pour les diagnostics et la prise en charge paramédicale ».  

Tristan estime d’ailleurs que le système belge n’aurait pas sa place dans le système français comme il est fait actuellement, un système français qu’il trouve complexe « Chez vous, c’est qu’à chaque problème une solution semble être créé, ou un poste, une nouvelle fonction… et on a l’impression que ça complexifie fort le système » confie-t-il « Chez nous, le Pôle, c’est vraiment dans une dynamique de simplifier le système avec cette équipe pluridisciplinaire qui vient ensuite épauler les écoles. En France, on a l’impression que vous créez beaucoup de postes, mais qu’ils ont du mal à se coordonner dans le prise en charge des élèves à besoins spécifiques ».

L’intégration des personnels médico-sociaux dans le système belge n’est d’ailleurs pas tombée dans l’oreille d’un sourd, le recteur de l’académie de Poitiers Frédéric Périssat compte y réfléchir « C’est une idée, à voir comment on peut progresser par rapport à ces personnels médico-sociaux dans l’intégration de notre mode de fonctionnement ». Les professionnels belges sont rentrés de leur côté le week-end dernier dans le plat-pays. 

Jili MARTIN

Commentaires(0)

Connectez-vous pour commenter cet article