Déserts médicaux : un auteur appelle le département à s’inspirer du modèle de la Saône-et-Loire pour lutter contre le manque de médecins


11 mai 2026

La lutte contre les déserts médicaux est un sujet préoccupant dans les Deux-Sèvres comme partout ailleurs. En France, 87% du territoire national est classé en situation de fragilité médicale, et l’année dernière pour la Gâtine, on ne comptait que 35 médecins généralistes pour presque 60.000 habitants. Des chiffres en berne.De son côté, l’auteur Christian Proust a signé une lettre ouverte aux conseillers départementaux pour les appeler à s’inspirer d’un modèle, celui de la Saône-et-Loire.

« Pourrait-on faire mieux ? » C’est la question que pose Christian Proust dans le premier paragraphe de cette lettre ouverte à destination du département des Deux-Sèvres.

À l’intérieur, l’auteur, qui est aussi l’ancien directeur général adjoint des services du Conseil départemental, y parle du modèle de la Saône-et-Loire, qui a pris à bras le corps la question des déserts médicaux. Dans le cadre de son roman, « Silence sans Ordonnance », qui traite de la désertification des professionnels de santé, Christian Proust a rencontré le président du département, André Accary pour échanger autour des solutions mise en place « Ils se sont dit qu’ils allaient engager eux-mêmes et salarier eux-mêmes des professionnels de santé pour aider le département et les habitants à retrouver des médecins traitants » explique l’auteur.

Un dispositif appelé Centre départemental de santé est lancé en 2018 et s’appuie sur 7 centres territoriaux, et qui porte ses fruits « À ce jour, ils emploient 104 professionnels de santé, dont 74 médecins sur cet ensemble là. Ils considèrent qu’ils ont redonné un médecin traitant à 40.000 personnes ». Christian Proust aborde aussi la question du prix de cette démarche « Selon le président, le coût final pour le département est d’un million d’euros. C’est une somme importante pour le commun des mortels, mais pour les Deux-Sèvres, ça représente 0,22% du budget. Si je voulais faire de l’humour je dirais que c’est le prix d’un très gros rond point » plaisante Christian Proust avant d’ajouter « Tout est relatif, et c’est avant tout une question de choix politique ». Dans le détail, ce mode de fonctionnement coûte en Saône-et-Loire huit millions d’euros, mais en rapporte sept, laissant annuellement un million d’euros à la charge du département. En plus du département, Christian Proust souhaite sensibiliser les habitants « Je crois qu’il faut lutter contre le fatalisme. Ce n’est pas parce qu’on a cette situation qu’elle est inéluctable. Et je crois que cette question des déserts médicaux est extrêmement grave parce qu’elle provoque un sentiment d’insécurité. Et on connaît les conséquences politiques de ce sentiment, il y a un donc aussi un acte militant dans ma démarche. » 

Christian Proust a également envoyé cette lettre ouverte aux députés du territoire.

Jili MARTIN

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