"C'est une catastrophe" : hécatombe chez certaines espèces d'oiseaux à cause de la canicule

La canicule de la semaine dernière a eu de graves conséquences sur la population d'oiseaux. Le Groupement Ornithologique des Deux-Sèvres (GODS) n'a jamais vu un taux de mortalité aussi élevé chez certaines espèces.

Radio Gâtine · "C'est une catastrophe" : hécatombe chez certaines espèces d'oiseaux à cause de la canicule

"On peut parler de catastrophe". Jean-Michel Passerault, administrateur au Groupement Ornithologique des Deux-Sèvres (GODS), dresse un bilan sordide des conséquences de la canicule de la semaine dernière. On ne parle pas là de catastrophisme, mais de faits, constatés sur le terrain. "On a ramassé des cartons et des cartons de poussins martinets tombés au sol" explique ce passionné d'oiseaux.

La canicule, une double-peine

En février dernier, le GODS alertait déjà sur une baisse importante de la population d'oiseaux. La canicule, dans le contexte du réchauffement climatique, résonne comme une double sentence.  "Avec le réchauffement climatique, les oiseaux décalent leurs dates de migration, leurs dates de reproduction, certaines espèces ne repartent plus en hiver" énumère Jean-Michel Passerault. En résumé, les espèces s'adaptent au réchauffement climatique, mais pas assez vite, alors que les températures, elles, augmentent à vitesse grand V, déjouant même les pronostics des experts du climat. Tout est déréglé, exemple, avec le busard cendré, qui a avancé sa période de nidification. L'espèce niche dans les champs, problème, les moissons ne peuvent pas être aussi avancées, occasionnant un nombre de décès importants chez les petits.

Les busards cendrés sont particulièrement victimes de la canicule et du réchauffement climatique ©Christophe Ingrand

"On constate des pics que l'on n'a jamais connu"

Dans ce contexte, la canicule de la semaine dernière a entraîné une augmentation du taux de mortalité. "On constate des pics que l'on n'a jamais connus". Toutes les espèces sont touchées, mais pas de la même manière. Pour les espèces qui nichent dans les haies ou les buissons (merles, mésanges), la fraîcheur a été relativement préservée, en revanche, ces espèces souffrent du manque d'insectes (indispensable sources de protéines), eux aussi restés au frais, pour nourrir leurs poussins. 

Cette canicule, très précoce, arrive en pleine nidification, quand les poussins sont encore très fragiles. Les oiseaux qui ont le plus souffert sont ceux qui font leurs nids sous les toits. "Les grosses mortalités, c'est chez les martinets, les hirondelles et les moineaux. Ils ont du mal à trouver des endroits au frais. Sous les toitures, c'est des fours. Les poussins cuisent, et tombent au sol" se désole Jean-Michel Passerault.

Des solutions ?

Si vous voyez des oiseaux dans la difficulté dans votre jardin, "il faut leur mettre des petites coupelles d'eau" conseille l'administrateur du GODS. "Il ne faut surtout pas les faire boire, en revanche, on peut leur déposer quelques gouttes d'eau sur le bec pour qu'il se rafraîchisse". Jean-Michel Passerault conseille aussi de mettre les oiseaux dans un carton avec des trous et de les garder chez soi. "Le centre de soin d'Echiré est saturé. Il ne peut plus accueillir tous les oiseaux".

Sony BERGER

Légende photo principal : la population de martinets connait un fort taux de mortalité © Eric Chauvet