Quand l'agriculture s'adapte à la sécheresse

76% des agriculteurs en Charente-Maritime et dans les Deux-Sèvres se disent en grande difficulté économique. Malgré ce constat, des exploitants agricoles adaptent leur activité tout en faisant attention à la ressource en eau. Exemple à Saint-Loup-Lamairé.

L'étude menée par la Chambre d'agriculture de Charente-Maritime et des Deux-Sèvres fait froid dans le dos. À Saint-Loup-Lamairé, cette crise n'a pas découragé Aymeric Legrand de se lancer. Il y a 4 ans, il a quitté son poste de naturaliste et s'est lancé sans terre ; "pas facile d'en trouver", précise-t-il.

Heureusement, par des relations, il a trouvé quelques hectares à Viennay où il cultive des pommes et des poires. Et, après des discussions avec l'ancien propriétaire, il réussit à acquérir d'autres terres à La Crémille, un hameau de Saint-Loup-Lamairé. De quoi vendre des fruits, mais aussi produire du miel et de l'hydromel. Il s'est aussi lancé dans la pépinière. Voilà comment sont nés les Vergers de la Tête Rousse.

Une agriculture biologique et économe en eau

Ses 3 600 arbres sont protégés par une barrière électrique "contre les chevreuils", ajoute l'agriculteur. Il veut garder ses plants au frais en mettant du paillage au sol. "Je récupère l'herbe dans le verger et je l'étale sous les arbres", explique Aymeric. Pommiers, poiriers, pruniers et cognassiers... il choisit des espèces dites anciennes, comme la pomme clochard. Pour lutter contre la chaleur, les arbres sont arrosés au goutte-à-goutte. Il utilise 20 à 25 mètres cubes cette année sur les 1 000 mètres carrés de pépinière. C'est peu d'eau. Dans les pépinières, sur une même surface, 350 à 500 mètres cubes sont utilisés en moyenne.

Les techniques ne sont pas magiques. Aymeric Legrand ne peut pas encore chiffrer ses pertes à cause des fortes chaleurs de l’été, mais toutes ses productions vont être impactées : de la production de miel à la vente de fruits, en passant par l’exploitation d’arbres fruitiers. Mais il compte bien vendre ses produits, notamment grâce à son nouveau label, Bienvenue à la ferme. Il veut aussi faire de la pédagogie. Le samedi 3 octobre, son exploitation sera ouverte au public.

Alice LEJEUNE