Parthenay-Gâtine : l'atelier Créa'Jeux, une pierre de plus dans la reconnaissance du jeu de société comme objet culturel ?

Du 7 au 17 avril, 18 jeunes de 12 à 25 ans vont pouvoir créer leurs propres jeux de société. Le processus créatif sera filmé, et le projet complet sera restitué lors des 40 ans du Festival International des Jeux de Parthenay. Un atelier qui pose une pierre de plus pour la reconnaissance du jeu de société comme objet culturel.

En pleine partie du jeu les carottes sont cuites, prototype créé entre les murs du campus des Projets de Parthenay, les acteurs de l'atelier Créa'Jeux s'arrêtent pour s'étendre sur ce futur projet. Du 7 au 17 avril, jusqu'à 18 jeunes vont pouvoir créer leurs propres jeux de société. Six autres jeunes vont filmer tout le projet, et seront aidés par Arnaud Devroute. "C'est une démarche qui se fait de plus en plus. L'idée, c'est de garder une trace", explique le réalisateur de documentaires, sorti de l'IFFCAM de Ménigoute. Deuxième acteur majeur dans ce projet pour encadrer les jeunes, David Boniffacy, dit Bony.

Cet illustrateur, auteur et expert reconnu du jeu de société animera le groupe de création de jeux. "En fonction du nombre d'inscrits, on pourra créer plusieurs jeux", détaille cet habitué du FLIP depuis une quinzaine d'années. L'une des particularités de cet atelier réside dans les pièces utilisées pour la création. "Pour que la créativité des jeunes ne soit pas influencée par ce qu'ils ont l'habitude de voir dans les autres jeux, on s'est dit qu'il fallait trouver d'autres sources d'objets", traduit Bony.  Ces autres sources, Bony et les encadrants de ce projet, les ont trouvées à l'Emmaüs de Parthenay et à la déchetterie. "On a sorti tout un tas d'objets. Ça va d'objets de cuisine à des valises, des boîtes. On a pensé au contenu et au contenant", s'enthousiasme David Boniffacy.

VERS UNE RECONNAISSANCE DU JEU DE SOCIÉTÉ COMME BIEN CULTUREL ?

Au-delà d'être un atelier stimulant la créativité des jeunes sans but lucratif, Créa'Jeux pourrait "servir de jurisprudence", espère Bony. En effet, c'est la première fois qu'un atelier destiné à la création de jeux de société est financé en partie par la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC).  "Ça veut dire que le projet est reconnu comme ayant une utilité culturelle et artistique", traduit l'auteur. Un combat qui "dure depuis plus d'une dizaine d'années", souvent abordé dans les travées du FLIP. 

À travers cette future reconnaissance, c'est tout l'univers du jeu qui serait récompensé : auteurs, éditeurs, illustrateurs. "On espère que c'est une pierre de plus dans l'argumentaire pour reconnaitre les auteurs comme des artistes, au même titre qu'un écrivain, un metteur en scène", prêche Bony. Il reste encore beaucoup de blocages "sur l'aspect jouet du jeu de société" mais les choses avancent sous l'impulsion de nombreux auteurs. "En France on a la singularité d'avoir de vrais artistes, auteurs ou illustrateurs." Quoi de mieux que Parthenay et son FLIP, revendiquée capitale du jeu en France, pour se faire le porte-étendard de cette cause. 

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