Le cidre n'est désormais plus réservé pour les Bretons ou les Normands. Pierre Olivier Lefevre, menuisier et constructeur de yourte, et Malène Pacault, arboricultrice, ont eu l'idée de créer leur cidrerie en gâtine. « C'est quelque chose qui c'était presque arrêté sur le territoire » souligne Pierre Olivier. Ils ont envie de faire découvrir une boisson locale, sans tricher. Les pommes viennent des vergers du coin, la fermentation se fait naturellement, pas de sucre ou de colorants ajoutés : « c'est du cidre vivant, on est là pour l'accompagner, mais il a du caractère ». La production de cidre dure 4 à 6 mois, pour 600 litres au total. La bouteille d'un litre est à 7,90 euros. Ce n'est pas le seul à être produit à la cidrerie, ils ont créer le vinaigre de cidre, "doux et réconfortant" à 5 euros le pot.
Ils promettent un goût innovant, plus de sept cuvées différentes : des cidres doux, demi-brut, ou encore macérés avec des saveurs de miel, de gingembre, de châtaigne ou de rhubarbe. L'objectif est de se détacher de la production industrielle pour privilégier les savoirs-faire du coin. Pierre Olivier et Malène se laissent guider par les pommes, ce sont-elles qui donneront le dernier mot pour arriver au : « goût du cidre de Gatine ». La vente se fait uniquement à la cidrerie, à Saint-Pardoux-Soutiers.
Personne n'est passé à côté des derniers épisodes de canicule, les oiseaux qui ont souffert de la chaleur, les pommes aussi. Les températures ont dévasté les vergers, Malène Pacault indique "une perte d'environ 30% de pommes, les pommes ont cuites à cause de la chaleur ».
Aucune solution à long terme n'est encore adaptée pour éviter la perte pour ces deux producteurs. De nouvelles questions se posent avec le réchauffement climatique : « il faut pouvoir garder les pommes au frais à moins de 12 ou 13 degrés », avoir des batiments plus isolés, ou avoir un budget plus conséquent pour garantir la santé des pommes, mais, l'avantage de travailler local c'est parfois de travailler ensemble. "L'appel est lancé aux collègues arboriculteurs bio de Gatine » pour fournir des pommes à la rentrée prochaine, comme l'espère Pierre Olivier Lefevre et Malène Pacault. Ils sont motivés à réaliser leur objectif et pourquoi pas voir plus loin. Malène et Pierre Olivier aimeraient viser une production de 2000 litres de cidre l'année prochaine.
Charlotte BRACHET