C'est désormais notre nouveau rendez-vous du lundi matin. Pour revenir sur l'actualité du week-end, on reçoit dans nos studios un invité en direct. Hier, la ville de Parthenay a commémoré le 82ème anniversaire de la Libération de la ville, le 6 septembre 1944. Vous pouvez écouter l'entretien en intégralité mais si vous êtes un peu pressé, on a pris le soin de sélectionner pour vous, trois questions, posées ce matin à Yves Drillaud, historien local et ancien professeur d'histoire-géographie.
J'ai apprecié le discours du maire, Jean-Michel Prieur. Un discours courageux, qu'il a fait non pas sur l'historique de ce qu'il s'est passé à Parthenay à la Libération mais sur la liberté retrouvée et cette liberté qu'il faut protéger. J'ai trouvé son discours excellent d'autant plus qu'en Allemagne il s'est passé un évenement important.
On a des témoignages du départ des Allemands (Ndlr les Allemands sont partis dans la nuit du 1er au 2 septembre, la Libération a eu lieu quelques jours plus tard le 6 septembre) en particulier du fondateur des Ateliers de la Chaînette (Aujourd'hui ADC), Maurice Bernard, qui tenait un journal. Le 29 août, il écrit : "L'angoisse est à son comble, il n'y a plus aucune circulation. Les allemands raflent tous : camions, autos, chevaux et vélos surtout [...] Les hommes sont puissamment armés que l'on sent prêt à faire feu sur n'importe qui et n'importe quoi". C'est pour ça, que les Parthenaisiens étaient extrêmement prudents et on attendu, assez longtemps pour fêter la Libération.
Au moment de la Libération, c'est la joie. J'ai pu interroger Jean Rouvreau, qui a vécu ce moment-là. Il m'a dit : "j'ai assisté à la manifestation place du Drapeau. C'était la joie, on s'embrassait avec les camarades de mon âge alors qu'on ne le faisait pas auparavant. On avait mis le drapeau à la fenêtre alors qu'on l'avait caché sous l'occupation".
Je suis d'autant plus touché que j'ai un ami allemand. Je l'ai depuis l'âge de 17 ans, il habite Berlin. J'ai reçu récemment une lettre où il manifestait son inquiétude. Inquiétude d'autant plus marquée car il est homosexuel et il s'inquiète de la progression de ces personnes qui sont pour certaines des néo-nazis. Pour être allé en Allemagne de l'Est, peu de temps après la réunification, je ne suis pas très surpris. Je me souviens d'une scène : nous allions manger dans une auberge de village où l'on était à une table commune. A côté moi, un allemand qui venait de 5 à 6 kilomètres mais côté Ouest m'a dit "ces gens, ils ne sont pas comme nous" en désignant un allemand de l'Est. Il y a eu un fossé. Finalement, les allemands de l'Est n'ont pas la moindre idée de la liberté dans la mesure ou ils ont été confronté au régime communiste et avant au régime nazi.
Sony BERGER