"Et si demain ça m'arrivait ?". Les éleveurs s'interrogent sur l'arrivée potentielle de la Dermatose Nodulaire Contagieuse (DNC), dans leur cheptel. Pour le moment, la maladie n'est pas encore arrivée dans les Deux-Sèvres, mais l'APOCAB, l'Association Pour l'Organisation de Concours d'Animaux de Boucherie, organisatrice de la Foire Primée, a mis les bouchées doubles pour assurer un contrôle sanitaire sans faille. Avant l'ouverture au public hier matin, les vétérinaires, comme Henry Maquart, ont fait le tour des 235 animaux inscrits. "C'est surtout un contrôle visuel des animaux pour estimer leur bon état de santé et puis vérifier que les certificats sanitaires correspondent à leur identification" explique le vétérinaire.
Quand les certificats ne correspondent pas, s'est arrivé hier matin, les bêtes sont interdites de concours. "On a refusé deux, trois animaux, ce n'est pas pour rien, on ne prend pas de risques" assume Joël Denis, le président de l'APOCAB. Toutes les bêtes sont passées par une ère de lavage, de désinfection et de désinsectisation, là aussi contrôler par les vétérinaires.
Dans les cheptels touchés par la DNC, dans l'est de la France et dans les Pyrénées-Orientales principalement, la solution est radicale : tout le cheptel est abattu. Pourquoi ne pas miser plutôt sur la vaccination, quand on sait que le vaccin contre la DNC est efficace et qu'il n'occasionne que très peu d'effets secondaires ? "Une vaccination, ça ne se met pas en place en quelques jours" commence Henry Maquart, "la maladie est sournoise. Les animaux en contact peuvent mettre de 4 à 14 jours pour déclarer les symptômes, durant cette période, on ne peut savoir si les animaux sont positifs ou non. Il faudrait réaliser des prises de sang tous les deux jours, mais ça coute beaucoup trop chers.".
Si "des mesures transitoires" ont été prises dans les départements les plus touchés, la maladie se propage toujours. "Aujourd'hui, elle est loin de chez nous, mais avec le transport du bétail, le loin ne veut plus dire grand-chose. Lors d'études réalisées dans les Balkans, également touchés par la maladie, la vitesse de transmission de la maladie a été évaluée à "sept kilomètres par semaine", plus simplement, elle progresse d'un kilomètre par jour. Le vétérinaire de la clinique des Charmilles, le confirme, "les éleveurs sont très préoccupés. C'est très lourd à porter. Si un cheptel est touché, ce sont des conséquences économiques, mais aussi mentales. Chaque éleveur à ça en tête" conclut Henry Maquart.
Entretien complet avec Henry Maquart :